
Dany Connan manifeste très tôt son goût pour les arts.
Enfant, elle passe des heures à regarder peindre son père. Celui-ci, grand amateur d’art, excellent dessinateur, peintre de miniatures sur ivoire dans le meilleur style du XVIIIe siècle et de paysages à l’huile sur toile, disparaîtra malheureusement très jeune dans un accident de voiture.
Dany Connan ne s’en remettra d’ailleurs jamais totalement et la marque indélébile gravée au plus profond de son être n’est certainement pas étrangère à certaines caractéristiques de sa sensibilité picturale.
Son parcours est celui d’une autodidacte, qui a cherché à se perfectionner dans l’utilisation de l’huile, pendant de nombreuses années, en fréquentant les musées et les expositions et en étudiant tout ce qui était publié (de la préparation des toiles et des couleurs aux analyses des techniques des grands peintres).
Attirée par la délicatesse et le raffinement du pastel et la spontanéité de la touche qu’il autorise, elle a fini par s’y essayer, l’a ensuite beaucoup pratiqué et c’est maintenant devenu sa technique de prédilection.
Elle s’est également essayée à la sculpture, et on lui doit quelques oeuvres dans ce domaine qu’elle pratique de temps en temps.
L’art figuratif est pour elle une évidence, par l’attache qu’il permet de garder avec le réel. Il est cependant interprété pour faire passer l’émotion qu’elle ressent ou transparaître l’expression du sujet d’un portrait, ou celle d’un animal.
Tous les sujets sont intéressants à traiter, et son éclectisme ne dépend pas de codes ou de modes. Peintre des ambiances et des atmosphères, elle appréciera autant la représentation de la puissance d’une vague, que celle de la délicatesse d’une pivoine, sa fleur de prédilection, ou la lumière d’un soir sur des sommets des Alpes.
Elle aime traduire les ambiances et son hypersensibilité à l’esthétique se retrouve dans tous les domaines. La recherche du ”beau” est essentielle dans son travail. C’est une instinctive, qui cherche à traduire au mieux ce qu’elle aime et ressent. C’est pour elle une sorte d’écriture qui reflète sa personnalité, comme un livre traduit celle de son auteur.
Très jeune elle a été inspirée par les maîtres anciens, qui représentaient pour elle le beau travail, le dessin abouti, le fini dans les moindres détails, une exécution exceptionnelle, résultats d’une formation exigeante ajoutée à un immense talent. Elle était très sensible à la construction d’un tableau et à tous les éléments qui en font la valeur artistique.
Ses périodes d’intérêt vont du baroque à l’impressionnisme, avec un goût particulier pour le néoclassicisme, époque de rigueur et de sobriété (Ingres, David), et les peintres italiens plus tardifs et en particulier Giovanni Boldini, lyrique et élégant. Sur l’impressionnisme elle aime l’envol de couleurs variées, la spontanéité, le courant libre, même si le dessin disparaît bien souvent pour laisser place à une interprétation personnelle sans souci de la composition.
Son attachement va surtout aux impressionnistes américains, William Merritt Chase, Frank Weston Besson, Frederick Carl Frieseke, Carl Rudolf Krafft, William Chadwick, Edmund Charles Tarbell, pour n’en citer que quelques uns, dont la peinture lui semble plus élaborée, plus structurée et la composition plus recherchée.
Concernant sa façon de traiter les sujets qu’elle représente, elle est cependant bien de son temps. Sa touche vigoureuse sans mièvrerie, utilise une large palette obéissant aux règles de sa sensibilité. Elle superpose les couleurs d’une main experte développée par l’expérience et le perfectionnement permanent. Ses huiles sont pour la plupart traitées à la méthode impressionniste, par une pâte onctueuse permettant un très grand enrichissement des tons. Des superpositions de couleurs judicieusement choisies se combinent pour donner un ensemble lumineux, coloré, naturel. La touche est contemporaine dans sa traduction, vigoureuse mais non violente. Dans la plupart des cas, l’utilisation de glacis à l’ancienne permet d’obtenir une touche plus lisse et des transparences à superposition de couleurs plus délicates. L’effet est alors des plus riches et des plus mystérieux et l’ensemble offre une finition des couleurs très aboutie.
Ses pastels de paysages, de bouquets, ou de portraits, sont entièrement traités au pastel sec, avec des fondus qui conservent le raffinement de la matière, sans mollesse. Quelques traits vigoureux fournissent à l’ensemble la cohésion contemporaine nécessaire au mouvement et à la vie.
Venue plus tardivement à la sculpture, ses réalisations sont largement inspirées par celles des grands noms du XIXe et du début du XXe siècle.